A la pratique

Test de coloration à la poudre de manjishta

J’utilise peu de poudres dans ma routine beauté mais si je ne devais en garder qu’une, je choisirai sans hésiter la poudre de manjishta.

C’est une cousine de la garance et ses racines rouges sont riches en molécules colorantes. Je l’utilise la plupart du temps en macérât huileux pour pouvoir facilement l’intégrer dans mes crèmes et mes soins. Elle fait des miracles sur ma peau réactive et sujette aux rougeurs. Avec elle, je retrouve une peau confortable et un teint unifié. Mais dans les masques visage, gare au dosage sous peine de finir écrevisse !

creme_manjishtaCrème hydratante colorée avec un macérat huileux de manjishta.

Mais je m’égare… Revenons à nos savons !

Si vous vous êtes déjà penché.e.s sur les colorants végétaux utilisés en savonnerie, vous avez dû remarquer que certaines couleurs sont difficiles à obtenir. Pas de soucis pour avoir du vert, mais pour ce qui est du rouge, du rose, du bleu ou du violet, c’est une autre paire de manches !

L’année dernière, j’ai testé la poudre de manjishta directement ajoutée à la trace et je me suis retrouvée avec un savon rouge brique. Mais j’ai découvert récemment dans un article de Jo Haslauer sur Modern Soapmaking, qu’infusée dans la solution de soude elle donnait un savon rose. La couleur est sublime :

manjistha-colored-soap-with-decorations-600x450Copyright Modern Soapmaking

Avec Aurélie, une copinaute savonneuse, on s’est dit qu’il fallait qu’on teste. Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous y mettre.

Le premier essai

Je m’y suis collée la première. Pour que la couleur de l’infusion de soude ne soit pas parasitée par la couleur des huiles, il fallait trouver une formule donnant un savon aussi clair que possible. Voilà la recette que nous avons utilisé :

  • 49% d’huile d’arachides
  • 20% de beurre de karité
  • 20% d’huile de coco
  • 1% de cire d’abeille
  • un surgras de 7% et une concentration de soude à 31%

Voici ce qu’indique Mendrulandia pour les propriétés :

Douceur

Bulles

Dureté

Nettoyant

Tenue

Séchage

Solubilité

Iode

INS

52

50

49

50

50

50

49

66

135

Bon, l’iode est un peu haute à cause de l’huile d’arachides, on verra comment le savon évolue dans le temps. Mais c’est une recette que j’avais envie de tester depuis un petit moment.

Pour une fois j’ai dérogé à ma règle de savon sans parfum. J’ai ajouté un fond de fragrance Salade de fruits et j’ai complété avec Concombre-Melon, toutes les deux de chez la Folie des Senteurs, pour arriver à un dosage d’1% du poids des huiles. C’est très discret, frais et légèrement sucré, ce qui convient parfaitement à mon nez capricieux.

Pour la poudre de Manjishta, j’ai suivi à la lettre les recommandations de Jo Haslauer, soit :

1/2 tablespoon de poudre par livre d’huile.
Soit environ 7.5mL de poudre pour 450g d’huiles.

Par contre, dans son article, elle filtre sa solution de soude à l’aide d’une étamine. L’idée ne m’enchantait pas vraiment, il suffit d’une maladresse pour que ça vire à la catastrophe…
Comme je ne faisais qu’un petit batch, je n’avais besoin que d’une petite quantité de poudre. J’ai alors défait et vidé proprement un sachet de thé, j’y ai glissé la poudre et je l’ai refermé. Je lui ai remis sa ficelle pour pouvoir manipuler le sachet plus sereinement.

DSCN6533

J’ai mis le sachet à infuser dans ma lessive de soude et j’en ai profité pour préparer le reste de mon matériel.

Au bout d’une heure, la couleur de la solution était prometteuse !

DSCN6536

Mais une fois ajouté à mes huiles, mon enthousiasme s’est envolé…
Le grenat a laissé place a un rose très très pâle… Pas vilain mais pas du tout le rose auquel je m’attendais… Comme c’est un savon uni, je me suis fait plaisir sur le topping. J’ai fait le même que sur mon savon céphalantère mais en ajoutant cette fois-ci des graines de pavot pour la déco. Voilà la couleur du savon tout juste mis en moule.

DSCN6543C’est bien pâlichon…

Je l’ai ensuite mis au four pour 3 heures à 50° en espérant que la phase de gel forcée rendrait la couleur un peu plus franche (oui, j’avais encore de l’espoir ^^).

À la sortie du four, je me suis résignée, le savon n’allait pas être celui que j’imaginais. Le dessus du savon est couvert de toutes petites cloques, j’ai dû mettre mon four un poil trop chaud. Mais bon, ça lui donne une petite allure de velours, ça aurait pu être pire !
Au démoulage, le tour du savon a perdu son côté rosé, il a pas mal pâli. Zut…

DSC_0872

À la découpe, c’est un peu mieux. La phase de gel, comme espéré, a renforcé un peu la couleur. Mais ce n’est pas vraiment rose, on est plus sur une couleur orangé/pêche. Pas du tout ce que j’espérais mais bon, la couleur est jolie. Voilà ce que ça donne :

DSC_0924

Comme il était encore assez mou (malgré le passage au four) j’en ai profiter pour modeler les entames et les chutes avec un peu de graines de pavot pour en faire un petit galet exfoliant. Et j’ai fait un essai de tamponnage avec du mica doré. Je n’en ai pas mis assez mais c’est plutôt joli !

DSC_0956_R

Le deuxième essai

Bon, et puisque nous avons savonné en duo (virtuellement), intéressons-nous au savon d’Aurélie !

Pour rester sur un test équivalent, elle a réalisé la même recette en ajoutant 4 % de lactate de sodium pour palier au petit manque de dureté de la formule. Niveau manjishta, la dose a été doublée, soit 15mL de poudre pour 450g d’huiles, tant qu’à faire, autant essayer d’avoir moins pâlichon que le mien !

Là aussi l’idée de filtrer la solution de soude n’était pas très tentante. Aurélie a donc d’abord réalisé une infusion de manjishta dans la quantité d’eau bouillante que nécessitait la recette. La poudre a été mise dans un filtre en inox pour éviter trop de dépôts et trop de perte d’eau. Une fois le tout bien refroidi et filtré, il ne restait plus qu’à y ajouter la soude et à savonner.

La couleur de la solution de soude est vraiment superbe ! Elle me fait penser à la couleur de certaines robes des vins du Saumur Champigny, très fruités et plutôt légers. Mais je m’égare !

soude

Et voilà les résultats en image, une fois en moule et une fois le savon coupé.

decoupe

Là aussi, la couleur a pas mal changé pendant la saponification, elle est un peu moins pâle que sur les miens mais on est quand même bien loin du résultat obtenu par Jo Haslauer dans son article. Dommage…

Mais l’expérience était sympathique et j’ai beaucoup aimé travailler en duo avec Aurélie. Et qui sait, peut-être qu’un jour on savonnera ensemble en vrai !

Et vous, les colorants végétaux, vous avez déjà testé ?

En attendant de vous retrouver ici, prenez soin de vous !

 

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6 réflexions au sujet de “Test de coloration à la poudre de manjishta”

  1. Je voulais justement essayer un savon pour noël rouge et or à la poudre de Manjishta en tant que colorant et j’ai finalement préféré m’en tenir à l’ocre rouge. Merci pour ce partage!

    Aimé par 1 personne

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